Article de L’EST républicain: 02 mai 2018 -Tribunal Belfort : de la prison ferme pour le tortionnaire de chien

Absent à la barre du tribunal , un Belfortain de 31 ans a été condamné à quatre mois de prison ferme et à l’interdiction de posséder un chien à vie. Son malinois avait mordu une jeune femme, au visage, en juin dernier.


Confisqué à son propriétaire, Max séjourne depuis à la fourrière départementale. Son histoire a suscité beaucoup d’émotion et l’association de défense des animaux a remis au tribunal, une pétition de 18 000 signatures. 

Le 10 juin 2017, des amis se retrouvent du côté de la Miotte, à Belfort, pour un pique-nique. Mais la soirée tourne court lorsqu’un chien, non attaché en laisse, se rue sur une jeune femme et la mord sévèrement au visage. Le propriétaire de Max, un berger malinois de 2 ans maintenant, roue de coups l’animal après les faits, suscitant beaucoup d’émotion. La jeune femme est gravement blessée, présentant notamment une plaie importante au niveau de la lèvre, nécessitant quatre jours d’interruption de travail. « J’avais la lèvre qui pendait, je pissais le sang et il s’est acharné sur Max à coups de poing et de savates », raconte la jeune femme au tribunal.

« Des hurlements à mort »

Parallèlement, des riverains du quartier des Glacis, là où vit le Belfortain, alertent la police municipale pour des mauvais traitements répétés qu’il inflige à son chien. « Des témoins parlent de coups portés régulièrement à ce chien sur le balcon du 6e étage. Des hurlements à mort de l’animal qui réveillent les habitants du quartier. Des hurlements consécutifs à des coups », relate Hélène Paus, la présidente de l’audience correctionnelle.
De leur côté, l’association Défense animale Belfort et sa présidente Chantal Girot mènent également une enquête et font un signalement pour sévices et actes de cruauté envers Max.

« Un complot »

Au vu des faits, le parquet a décidé de poursuivre le Belfortain, déjà condamné à de la prison ferme dans un dossier d’actes de cruauté envers un chien par le tribunal de Marseille en 2010.
Lors de son audition, le prévenu a réfuté les accusations de mauvais traitements à son animal et de blessures involontaires, arguant que la jeune femme s’était dirigée délibérément vers le chien qui, selon lui, était attaché à un poteau. Il invoque également un complot des personnes présentes au barbecue.
L’avocate de la victime a demandé au tribunal, qu’une expertise physiologique de sa cliente soit diligentée, celle-ci devant peut-être envisager de la chirurgie réparatrice. Le tribunal a suivi à la lettre les réquisitions de la procureur Combarel et a condamné le Belfortain à quatre mois de prison ferme, à 500 euros d’amende pour mauvais traitements ainsi qu’à l’interdiction de posséder un chien à vie.

« Au vu de son casier (24 mentions), le prévenu a des accès de violence envers les personnes et les animaux. « 
Ariane Combarel, procureur

 

C.L.

 

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